premiere photos téléphone

par | 5 Fév, 2021

Cette photo emblématique du travail et de l’univers de Diane Arbus est devenue une image iconique maintes fois détournée.

Faite en 1966, Jumelle identiques, Roselle, New Jersey présente deux soeurs jumelles s, aux cheveux bruns et vêtements noirs, portant bandeaux, cols, poignets et collants blancs, debout et raides sur un fond blanc et sol noir. Épaule contre épaule, presque siamoises par la quasi disparition d’un bras au centre, pieds invisibles et pourtant campées face à l’objectif, l’une sourit, l’autre pas. L’image est en totalité duo et dualité. Rien ne vient perturber l’unité faite du contraste de ces oppositions. C’est ce qui fait la force et l’intensité de cette photo dont la puissance graphique et présentielle l’ont entérinée comme symbolique de l’univers de son auteure, Diane Arbus. Le réalisateur Stanley Kubrick, entre autres,  en a décelé tout le potentiel perturbant en donnant vie aux jumelles dans son chef-d’œuvre Shining.

diane+arbus

On pourrait synthétiser Diane Arbus en quelques chiffres et dates : 8 : le nombre d’années de sa carrière photographique – 3 : le nombre d’expositions faites de son vivant, toutes avec d’autres photographes –  6×6 : le format caractéristique de son travail – 48 : le nombre d’années qu’elle a vécu – 10 : le nombre de photos signées de son premier portfolio exposées à la Biennale de Venise l’année suivant sa disparition. 

Mais elle est bien plus que cela et à sa courte vie et carrière s’oppose un long et profond mûrissement de son art. Mariée à 18 ans ,en 1941, à son amour d’adolescence, elle s’initie grâce à lui à la photographie après avoir ouvert ensemble, à l’aube des années cinquante, un magasin de photo de mode à New York, sa ville natale. Lui prend les clichés, elle démarche les agences. 1957 marque le début de son travail photographique. Elle suit alors les cours de photo de rue de Lisette Model et définit aussi son univers. La séparation d’avec son mari en 1960 fait qu’elle se focalise entièrement sur sa passion. Elle commence à publier en free-lance pour divers magazines de mode. Son monde photographique se précise. En héritière de Walter Evans, elle se dédie aux portraits de gens simples, de manière simple, sans artifice. En 1963, elle obtient la bourse Guggenheim pour le projet Rites, manières et coutumes d’Amérique qui l’envoie sillonner le pays. 

Débute alors sa véritable carrière artistique et ses choix propres. Elle décide d’abord d’abandonner le format rectangulaire du 24×36 pour le format carré du 6×6 et fixe à son Mamiya C330 une torche à lampe flash produisant un million de lumens qu’elle utilise même en plein jour. Puis elle se consacre aux gens à la fois ordinaires et hors-normes, décalés ou marginaux avec pour constante une prise de vue frontale, faite en confiance, dans leur environnement  et toujours en noir et blanc. Les corps difformes, les personnages iconoclastes, les travestis, les nudistes et les jumeaux deviennent ses sujets quasi-exclusifs. Elle définit son regard ainsi : “Pour moi, le sujet de l’image est toujours plus important que l’image. (…) Je pense que ce qu’elle est vraiment, c’est  ce dont elle parle. Il faut que ce soit une photo de quelque chose. Et ce dont elle parle est toujours plus remarquable que ce qu’elle est.” Son œuvre est reconnue lors de l’exposition conjointe avec Friedlander et Winogrand en 1967 à New York. Mais en 1971, elle met fin à ses jours, minée par la dépression liée à l’hépatite dont elle souffre depuis 1966.

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par | 5 Fév, 2021

Cette photo emblématique du travail et de l’univers de Diane Arbus est devenue une image iconique maintes fois détournée.

Faite en 1966, Jumelle identiques, Roselle, New Jersey présente deux soeurs jumelles s, aux cheveux bruns et vêtements noirs, portant bandeaux, cols, poignets et collants blancs, debout et raides sur un fond blanc et sol noir. Épaule contre épaule, presque siamoises par la quasi disparition d’un bras au centre, pieds invisibles et pourtant campées face à l’objectif, l’une sourit, l’autre pas. L’image est en totalité duo et dualité. Rien ne vient perturber l’unité faite du contraste de ces oppositions. C’est ce qui fait la force et l’intensité de cette photo dont la puissance graphique et présentielle l’ont entérinée comme symbolique de l’univers de son auteure, Diane Arbus. Le réalisateur Stanley Kubrick, entre autres,  en a décelé tout le potentiel perturbant en donnant vie aux jumelles dans son chef-d’œuvre Shining.

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On pourrait synthétiser Diane Arbus en quelques chiffres et dates : 8 : le nombre d’années de sa carrière photographique – 3 : le nombre d’expositions faites de son vivant, toutes avec d’autres photographes –  6×6 : le format caractéristique de son travail – 48 : le nombre d’années qu’elle a vécu – 10 : le nombre de photos signées de son premier portfolio exposées à la Biennale de Venise l’année suivant sa disparition. 

Mais elle est bien plus que cela et à sa courte vie et carrière s’oppose un long et profond mûrissement de son art. Mariée à 18 ans ,en 1941, à son amour d’adolescence, elle s’initie grâce à lui à la photographie après avoir ouvert ensemble, à l’aube des années cinquante, un magasin de photo de mode à New York, sa ville natale. Lui prend les clichés, elle démarche les agences. 1957 marque le début de son travail photographique. Elle suit alors les cours de photo de rue de Lisette Model et définit aussi son univers. La séparation d’avec son mari en 1960 fait qu’elle se focalise entièrement sur sa passion. Elle commence à publier en free-lance pour divers magazines de mode. Son monde photographique se précise. En héritière de Walter Evans, elle se dédie aux portraits de gens simples, de manière simple, sans artifice. En 1963, elle obtient la bourse Guggenheim pour le projet Rites, manières et coutumes d’Amérique qui l’envoie sillonner le pays. 

Débute alors sa véritable carrière artistique et ses choix propres. Elle décide d’abord d’abandonner le format rectangulaire du 24×36 pour le format carré du 6×6 et fixe à son Mamiya C330 une torche à lampe flash produisant un million de lumens qu’elle utilise même en plein jour. Puis elle se consacre aux gens à la fois ordinaires et hors-normes, décalés ou marginaux avec pour constante une prise de vue frontale, faite en confiance, dans leur environnement  et toujours en noir et blanc. Les corps difformes, les personnages iconoclastes, les travestis, les nudistes et les jumeaux deviennent ses sujets quasi-exclusifs. Elle définit son regard ainsi : “Pour moi, le sujet de l’image est toujours plus important que l’image. (…) Je pense que ce qu’elle est vraiment, c’est  ce dont elle parle. Il faut que ce soit une photo de quelque chose. Et ce dont elle parle est toujours plus remarquable que ce qu’elle est.” Son œuvre est reconnue lors de l’exposition conjointe avec Friedlander et Winogrand en 1967 à New York. Mais en 1971, elle met fin à ses jours, minée par la dépression liée à l’hépatite dont elle souffre depuis 1966.

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