bandeau dorothea

par | 30 Oct, 2020

Ou la vision d’une femme sur une autre dans le décor de la grande dépression

Dorothea Lange est reconnue comme la photographe américaine la plus iconique de la grande dépression de 1929. Au delà de l’artiste, c’était avant tout une femme engagée et humaniste qui militait pour changer le monde à travers ses clichés utilisés comme témoins d’une époque où les images étaient rares. L’engagement et l’implication du travail de Dorothea Lange, protagoniste du photojournalisme, ont été reconnus pour son utilité sociale. Elle a été  mise à l’honneur par le « National Women’s Hall of Fame » qui perpétue la mémoire des américaines ayant contribué à changer la société dans le domaine des arts, des humanités, des sciences, de la politique ou du sport.

Revenons en 1895, année de la naissance de l’artiste où rien ne la prédestinait à devenir photographe et pourtant … 

Élevée par sa grand-mère après l’abandon du foyer par son père, et atteinte très jeune de la poliomyélite, elle vit une adolescence morose. C’est peut être son sens de l’observation et surtout son intérêt pour les gens qui la conduisent à la photo. Elle monte son studio en 1918 à New York et se consacre dans un premier temps aux portraits de femmes. Ce n’est qu’au moment de la crise économique des années 30, qu’elle descend dans la rue pour photographier des gens ordinaires qui la touchent.

Remarquée par la force émotionnelle et le « poignant » de ses prises de vue, elle est recrutée comme photographe officielle par la Farm Security Administration, organisme créé par le ministère de l’Agriculture, qui lui donne l’opportunité de réaliser ce qui l’anime le plus : aider les gens. Elle a pour mission de réaliser des photos documentaires témoignant des conditions de vie précaires des migrants afin de sensibiliser le monde à cette misère économique.

migrant mother

C’est dans ce cadre, en février 1936,  qu’elle capture la plus célèbre de ses photos « Migrant Mother » celle qui fera d’elle une des photographes américaines les  plus connues au monde. Ce jour là, lasse de sa journée de travail, elle s’apprête à ranger son matériel lorsqu’elle aperçoit non loin d’elle, une femme au regard angoissé, entourée de ses enfants, sur un bord de route… Cette scène l’émeut et la photographe réalise une série de six clichés dont la célèbre photo de cette mère migrante. Dorothea Lange réussit à capter avec justesse et dignité le désarroi de cette femme qui se dégage de ce regard fatigué et lointain. Au delà de la grande qualité artistique de l’image de cette femme que l’on voit de face, tournant la tête avec ses enfants blottis contre elle, vus de dos totalement anonymes et privés d’expression, le cliché a par ailleurs la particularité d’avoir un véritable impact social et politique.

En effet, la photo publiée pour la première fois le 11 mars 1936 dans le « San Francisco News », fera très vite le tour de l’Amerique et deviendra le symbole de la grande dépression. Il  touchera les consciences et permettra de débloquer des aides d’urgence de la part du gouvernement fédéral pour nourrir la population en détresse. 

En 1978, on a appris que cette mère emblématique souvent comparée à la « Madone » s’appelait Florence Thompson et se trouvait là sur ce bord de route avec trois de ses enfants à attendre le retour de son mari parti réparer sa voiture. Ce n’est pas la migrante comme on a pu se l’imaginer mais cela ne change rien à la tonalité de l’émotion qu’elle dégage…

Le cliché symbolise à la fois une époque, mais aussi tout le travail et l’engagement de l’auteur qui a su se distinguer dans une époque où la photo et les femmes artistes et indépendantes  étaient choses rares. Par cette image, elle est entrée trois fois dans l’histoire, celle de son temps, la sienne et celle de la photo…

NewsLetters

bandeau dorothea

par | 30 Oct, 2020

Ou la vision d’une femme sur une autre dans le décor de la grande dépression

Dorothea Lange est reconnue comme la photographe américaine la plus iconique de la grande dépression de 1929. Au delà de l’artiste, c’était avant tout une femme engagée et humaniste qui militait pour changer le monde à travers ses clichés utilisés comme témoins d’une époque où les images étaient rares. L’engagement et l’implication du travail de Dorothea Lange, protagoniste du photojournalisme, ont été reconnus pour son utilité sociale. Elle a été  mise à l’honneur par le « National Women’s Hall of Fame » qui perpétue la mémoire des américaines ayant contribué à changer la société dans le domaine des arts, des humanités, des sciences, de la politique ou du sport.

Revenons en 1895, année de la naissance de l’artiste où rien ne la prédestinait à devenir photographe et pourtant … 

Élevée par sa grand-mère après l’abandon du foyer par son père, et atteinte très jeune de la poliomyélite, elle vit une adolescence morose. C’est peut être son sens de l’observation et surtout son intérêt pour les gens qui la conduisent à la photo. Elle monte son studio en 1918 à New York et se consacre dans un premier temps aux portraits de femmes. Ce n’est qu’au moment de la crise économique des années 30, qu’elle descend dans la rue pour photographier des gens ordinaires qui la touchent.

Remarquée par la force émotionnelle et le « poignant » de ses prises de vue, elle est recrutée comme photographe officielle par la Farm Security Administration, organisme créé par le ministère de l’Agriculture, qui lui donne l’opportunité de réaliser ce qui l’anime le plus : aider les gens. Elle a pour mission de réaliser des photos documentaires témoignant des conditions de vie précaires des migrants afin de sensibiliser le monde à cette misère économique.

migrant mother

C’est dans ce cadre, en février 1936,  qu’elle capture la plus célèbre de ses photos « Migrant Mother » celle qui fera d’elle une des photographes américaines les  plus connues au monde. Ce jour là, lasse de sa journée de travail, elle s’apprête à ranger son matériel lorsqu’elle aperçoit non loin d’elle, une femme au regard angoissé, entourée de ses enfants, sur un bord de route… Cette scène l’émeut et la photographe réalise une série de six clichés dont la célèbre photo de cette mère migrante. Dorothea Lange réussit à capter avec justesse et dignité le désarroi de cette femme qui se dégage de ce regard fatigué et lointain. Au delà de la grande qualité artistique de l’image de cette femme que l’on voit de face, tournant la tête avec ses enfants blottis contre elle, vus de dos totalement anonymes et privés d’expression, le cliché a par ailleurs la particularité d’avoir un véritable impact social et politique.

En effet, la photo publiée pour la première fois le 11 mars 1936 dans le « San Francisco News », fera très vite le tour de l’Amerique et deviendra le symbole de la grande dépression. Il  touchera les consciences et permettra de débloquer des aides d’urgence de la part du gouvernement fédéral pour nourrir la population en détresse. 

En 1978, on a appris que cette mère emblématique souvent comparée à la « Madone » s’appelait Florence Thompson et se trouvait là sur ce bord de route avec trois de ses enfants à attendre le retour de son mari parti réparer sa voiture. Ce n’est pas la migrante comme on a pu se l’imaginer mais cela ne change rien à la tonalité de l’émotion qu’elle dégage…

Le cliché symbolise à la fois une époque, mais aussi tout le travail et l’engagement de l’auteur qui a su se distinguer dans une époque où la photo et les femmes artistes et indépendantes  étaient choses rares. Par cette image, elle est entrée trois fois dans l’histoire, celle de son temps, la sienne et celle de la photo…

NewsLetters

VIF © 2020, Tous droits réservés
Share This