Tour du Monde

Extraits issus de l’autobiographie de Frank Horvat
incluant son compte-rendu “Time Machine” de son tour du monde pour Revue

LONDRES

Pour le « continental » que j’étais, l’Angleterre des années 50 était aussi exotique que l’Inde – mes rêves d’adolescent en moins. L’immigration et la mondialisation n’étant pas encore à l’ordre du jour, la population masculine se divisait en deux classes: ceux qui portaient une casquette et qui dans le métro – le tube – lisaient le Daily Mirror, et ceux qui arboraient le chapeau melon et lisaient le Times.(…) La classe sociale des femmes se reconnaissait moins facilement: la plupart avaient l’air de fleurs fanées, portaient des petits chapeaux et tricotaient.
La lumière d’un ciel de plomb me convenait presque mieux que celle du soleil à pic, mais je sais que mes photos de Londres restaient plus proches de la caricature que du miracle: je n’avais ni les connaissances ni l’imaginaire pour surimposer à cet univers une autre grille que celle d’un regard ironique.

THÈMES ET MOTS-CLÉS

Je ne me proposais pas de faire des enquêtes exhaustives, dans le style du National Geographic, mais plutôt des esquisses de chaque étape, mettant en relief les aspects caractéristiques – et à la limite caricaturaux – de chacune. 
Et comme il fallait choisir un thème pour chaque ville, celui de la façade que les Égyptiens s’efforçaient de présenter, et de la réalité que l’on entrevoyait par toutes ses failles, me parut le plus évident. La deuxième étape fut Tel-Aviv, dont il me reste peu de photos intéressantes. La troisième fut Calcutta, où le sujet incontournable était la misère. Presque rien n’y avait changé depuis mon reportage – neuf ans auparavant – dans les mêmes lieux et inévitablement sur le même sujet.(…)  
J’étais assez fier des mots-clé que j’avais trouvés: car en général je débarquais sans une idée préconçue, dans une ville que je ne connaissais pas, que j’explorais pendant deux ou trois jours sans faire de photos et je où ne me décidais  pour un thème qu’au dernier moment. (…) L’énumération de ces mots-clé peut faire sourire: ils étaient sans doute réducteurs (mais dans le cadre d’un magazine grand public c’était inévitable) et parfois à la limite de l’arbitraire (mais il fallait bien que les reportages ne se ressemblent pas):

Le Caire : la façade – Caracas : la violence –  Dakar : l’indépendance –  
Los Angeles : l’irréel – Rio de Janeiro : l’amour – Sidney : le défi
Tokyo : l’extrême Occident “

  

 

 

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