bandeau harold edgerton

par | 11 Déc, 2020

« The milk drop coronet » : la science en photo ou l’art de photographier ce que l’on ne peut pas voir.

Comment saisir cet instant si fugace d’une goutte de lait qui, dans sa chute explosive, se transforme en une couronne si parfaite que l’on ne peut apercevoir à l’œil nu ? Cette quête de précision, cette prouesse technique, cette performance photographique, on les doit à l’ingénieur électricien Harold Edgerton.

Né en 1903 aux Etats-Unis, dans le Nebraska, le pionnier de la photographie rapide suit des études scientifiques dans le génie électrique à l’Université du Nebraska en 1927 et obtient un doctorat au Massachusetts Institute en 1930 où il enseigne. C’est au cours de ses expérimentations sur la vitesse et le mouvement qu’il met au point un procédé qui le rendra célèbre. Il repose sur un tube contenant du xénon produisant des éclairs très brefs à intervalles réguliers, de l’ordre d’un millionième de seconde. Cette technique stroboscopique de découpage des mouvements lui permet de réaliser en 1936 la première photo de cette célèbre « couronne de lait », d’abord en noir et blanc puis en couleur en 1957.

Par sa haute précision technique, Harold Edgerton, en immortalisant un phénomène qui ne dure que quelques millisecondes, nous montre autrement et sous un autre angle, un élément familier de notre quotidien. Son procédé stroboscopique dont la technicité nous paraît banale à l’ère du numérique et des images de synthèse, permettra de créer la photographie à haute vitesse et les prémices du mode rafale.

harold edgerton

Ce cliché fait basculer ce scientifique surnommé « Papy flash » dans une carrière de photographe à laquelle il n’était pourtant pas destiné. La technicité dans la recherche de l’esthétisme de ses clichés propulse Harold Edgerton dans la « cour des grands » du milieu artistique. Son travail sera même exposé dans des prestigieux musées comme le Royal Photographic Society au Royaume-Uni et le musée d’Art Moderne de New York. Les photos de celui qui fige le temps sont devenues des icônes de l’histoire de l’art et de la photographie et ont donné une renommée mondiale à son auteur. Son dispositif a changé la photographie ; il sera source d’inspiration artistique comme le célèbre « Dali Atomicus » de Philippe Halsman en 1948. Aujourd’hui encore, il est utilisé dans la technique des flashs et dans le domaine publicitaire où les éclaboussures d’eau, nous rappellent les images célèbres de l’auteur.

L’inventeur de la stroboscopie moderne ne s’arrête pas là ; il met à profit le fruit de sa technique au service de différents secteurs scientifiques et industriels et participe même à l’effort de guerre pendant la seconde guerre mondiale en capturant les mouvements des troupes ennemies. Il s’implique aussi dans la réalisation de photographies d’explosions nucléaires. Dans un tout autre registre, Harold Edgerton s’intéresse aussi au monde sous-marin et réalise des clichés exceptionnels des profondeurs marines ; à cette occasion il collabore notamment avec le Français Jacques-Yves Cousteau.

On peut aussi noter l’aspect allégorique du cliché, qui ajoute sans doute de la force à cette image contrastante de ces éclaboussures laiteuses s’écrasant dans un liquide rouge sanguin, le symbole d’une pureté brutalement plongée dans la dureté d’un monde réel.

NewsLetters

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par | 11 Déc, 2020

« The milk drop coronet » : la science en photo ou l’art de photographier ce que l’on ne peut pas voir.

Comment saisir cet instant si fugace d’une goutte de lait qui, dans sa chute explosive, se transforme en une couronne si parfaite que l’on ne peut apercevoir à l’œil nu ? Cette quête de précision, cette prouesse technique, cette performance photographique, on les doit à l’ingénieur électricien Harold Edgerton.

harold edgerton

Né en 1903 aux Etats-Unis, dans le Nebraska, le pionnier de la photographie rapide suit des études scientifiques dans le génie électrique à l’Université du Nebraska en 1927 et obtient un doctorat au Massachusetts Institute en 1930 où il enseigne. C’est au cours de ses expérimentations sur la vitesse et le mouvement qu’il met au point un procédé qui le rendra célèbre. Il repose sur un tube contenant du xénon produisant des éclairs très brefs à intervalles réguliers, de l’ordre d’un millionième de seconde. Cette technique stroboscopique de découpage des mouvements lui permet de réaliser en 1936 la première photo de cette célèbre « couronne de lait », d’abord en noir et blanc puis en couleur en 1957.

Par sa haute précision technique, Harold Edgerton, en immortalisant un phénomène qui ne dure que quelques millisecondes, nous montre autrement et sous un autre angle, un élément familier de notre quotidien. Son procédé stroboscopique dont la technicité nous paraît banale à l’ère du numérique et des images de synthèse, permettra de créer la photographie à haute vitesse et les prémices du mode rafale.

Ce cliché fait basculer ce scientifique surnommé « Papy flash » dans une carrière de photographe à laquelle il n’était pourtant pas destiné. La technicité dans la recherche de l’esthétisme de ses clichés propulse Harold Edgerton dans la « cour des grands » du milieu artistique. Son travail sera même exposé dans des prestigieux musées comme le Royal Photographic Society au Royaume-Uni et le musée d’Art Moderne de New York. Les photos de celui qui fige le temps sont devenues des icônes de l’histoire de l’art et de la photographie et ont donné une renommée mondiale à son auteur. Son dispositif a changé la photographie ; il sera source d’inspiration artistique comme le célèbre « Dali Atomicus » de Philippe Halsman en 1948. Aujourd’hui encore, il est utilisé dans la technique des flashs et dans le domaine publicitaire où les éclaboussures d’eau, nous rappellent les images célèbres de l’auteur.

L’inventeur de la stroboscopie moderne ne s’arrête pas là ; il met à profit le fruit de sa technique au service de différents secteurs scientifiques et industriels et participe même à l’effort de guerre pendant la seconde guerre mondiale en capturant les mouvements des troupes ennemies. Il s’implique aussi dans la réalisation de photographies d’explosions nucléaires. Dans un tout autre registre, Harold Edgerton s’intéresse aussi au monde sous-marin et réalise des clichés exceptionnels des profondeurs marines ; à cette occasion il collabore notamment avec le Français Jacques-Yves Cousteau.

On peut aussi noter l’aspect allégorique du cliché, qui ajoute sans doute de la force à cette image contrastante de ces éclaboussures laiteuses s’écrasant dans un liquide rouge sanguin, le symbole d’une pureté brutalement plongée dans la dureté d’un monde réel.

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