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Exposante au VIF 2019, Leslie Courbon propose sa 1ère exposition personnelle « Work in progress » à la Galerie Ephémère de Montreuil du 12 au 27 septembre 2020. Rencontre avec une photographe en résonance avec son environnement.

 

 

VIF : Bonjour Leslie, pouvez-nous nous expliquer ce qui a motivé votre exposition ?
LESLIE : Je suis arrivée à Montreuil il y a 5 ans, et je me suis rendue compte très vite que c’était une ville en pleine mutation. Et ces changements m’ont rapidement interpellée. Je me suis posé pas mal de questions, surtout sur mon rôle dans ce changement. Ce sont ces interrogations là que j’ai voulu mettre en photos.

VIF : Sur quoi avez-vous axé vos interrogations ?
LESLIE : Comme pas mal de personnes qui sont arrivées sur Montreuil, j’y suis venue pour trouver un logement moins cher et plus grand. Mais je me suis dit qu’on était en train de prendre la place de personnes qui étaient déjà là, et ces gens, que deviennent-ils, ou vont-ils? Et du coup, je me suis vraiment demandé quel était mon rôle et ma place.

VIF : Vos photos sont axées sur les architectures et les matières. Qu’est-ce qui vous a amenée à ces choix de photos ?
LESLIE : J’ai plusieurs séries avec plusieurs axes, avec deux séries qui sont plus représentatives du changement. Une qui montre les façades de boutiques qui évoluent au fil du temps et une qui montre les chantiers. Ce sont des séries factuelles. Et d’autres séries sont plus axées sur la déstructuration. Il y en a une où j’utilise les éléments architecturaux pour faire ce que j’appelle des trophées, qui peuvent ressembler à des masques ou à des boucliers. Car dans ma réflexion sur les gentrificateurs, sur les personnes comme moi arrivées à Montreuil, pour profiter des richesses locales qu’elle proposait, je nous ai assimilé à des colons en fait.

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Puis j’ai une autre série qui pose la question du  naufrage des grands ensembles. Il y en a beaucoup à Montreuil. Or dans les années 1960 / 1970, c’était vu comme des choses positives qui permettaient à des gens qui vivaient dans des bidonvilles d’accéder à des logements sains avec tout le confort. Et les personnes qui arrivaient dans les grands ensemble en étaient fières. Mais on a souvent laissé ces lieux se dégrader, se ghettoïser et du coup on en a une image extrêmement négative. J’ai donc décidé de les représenter comme le naufrage d’un idéal… Ma dernière série est plus abstraite. Elle représente comment je me ressens dans la ville, l’empreinte que j’y laisse. Tout ça s’accompagne d’un texte qui explique mon parcours de vie en tant qu’ habitante, ce qui m’a ramené à mon enfance. Petite, j’ai grandi dans la banlieue bordelaise, dans des HLM. J’ai vécu la gentrification du côté plus pauvre. J’ai vécu le délabrement car la barre dans laquelle je vivais n’était plus entretenue. J’ai aussi connu les chantiers qui n’en finissent pas et d’ailleurs, il ne reste quasiment plus rien de cette cité. Aujourd’hui, je suis de l’autre côté, de ceux qui ont plus de moyens, ce qui explique mon intérêt pour le sujet.

VIF : Vos photos de chantiers sont prises en gros plan et présentent toujours des touches de couleurs. Quel est votre regard sur les chantiers ?
LESLIE : Dans Montreuil, il y a des chantiers de partout ! En m’y baladant, je me suis rendue compte qu’il y a énormément d’éléments colorés. Et ces couleurs sont souvent très vives avec beaucoup de rouges, beaucoup de couleurs primaires que j’ai finalement trouvé assez proches des couleurs des jouets d’enfants. Ca m’a amusé et c’est cet amusement que j’ai voulu représenter.

VIF : Vos séries présentent des traitements très différents : gros plans pour les chantiers, les décadrages pour les naufrages et celles très travaillées en post-production pour les “trophés”. Cela est-il représentatif d’une évolution de votre travail ou est-ce une approche instinctive ?
LESLIE : C’est vraiment une évolution dans ma façon de traiter les photos. Ce travail s’appelle “Work in progress” du fait même de l’évolution de Montreuil mais c’est aussi mon premier travail photographique et on suit ma propre évolution dans ma pratique de la photo. Au début, je prenais des photos plein cadre, travaillées de façon traditionnelle. Petit à petit, je me suis mise à manipuler mes photos de façon beaucoup plus graphique, avec des montages photos. En tant que regardeuse, j’aime tout. En tant qu’artiste dans la création, j’aime la manipulation, jouer avec les éléments et les images. Je pense aller de plus en plus vers une pratique plasticienne. 

VIF : Vous avez exposé au VIF 2019 dans les rues de Vincennes. Que vous a apporté cette expérience dans votre parcours ?
LESLIE : Lorsque j’ai exposé au VIF, j’avais déjà bien entamé mon travail qui a couru sur près de 3 ans. J’avais alors fait presque toutes mes photos mais j’étais dans une phase de réflexion sur quoi et comment exposer. Participer au VIF m’a beaucoup apporté à ce niveau là grâce aux échanges et rencontres. Cela m’a aussi amené beaucoup plus d’assurance pour me lancer pour une exposition seule, ce qui n’est pas rien à assumer ! 

Pour plus d’infos rendez-vous sur son site web : www.leslie-courbon.fr

_________________________________________________________________________________________________________________________________________ Interview réalisée par Sophie OSSEDAT – septembre 2020

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Exposante au VIF 2019, Leslie Courbon propose sa 1ère exposition personnelle « Work in progress » à la Galerie Ephémère de Montreuil du 12 au 27 septembre 2020.

VIF : Vos photos sont axées sur les architectures et les matières. Qu’est-ce qui vous a amenée à ces choix de photos ?
LESLIE : Puis j’ai une autre série qui pose la question du  naufrage des grands ensembles. Il y en a beaucoup à Montreuil. Or dans les années 1960 / 1970, c’était vu comme des choses positives. J’ai plusieurs séries avec plusieurs axes, avec deux séries qui sont plus représentatives du changement. Une qui montre les façades de boutiques qui évoluent au fil du temps et une qui montre les chantiers. Ce sont des séries factuelles. Et d’autres séries sont plus axées sur la déstructuration.

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Il y en a une où j’utilise les éléments architecturaux pour faire ce que j’appelle des trophées, qui peuvent ressembler à des masques ou à des boucliers. Car dans ma réflexion sur les gentrificateurs, sur les personnes comme moi arrivées à Montreuil, pour profiter des richesses locales qu’elle proposait, je nous ai assimilé à des colons en fait. mettaient à des gens qui vivaient dans des bidonvilles d’accéder à des logements sains avec tout le confort. Et les personnes qui arrivaient dans les grands ensemble en étaient fières. Mais on a souvent laissé ces lieux se dégrader, se ghettoïser et du coup on en a une image extrêmement négative. J’ai donc décidé de les représenter comme le naufrage d’un idéal… Ma dernière série est plus abstraite. Elle représente comment je me ressens dans la ville, l’empreinte que j’y laisse. Tout ça s’accompagne d’un texte qui explique mon parcours de vie en tant qu’ habitante, ce qui m’a ramené à mon enfance. Petite, j’ai grandi dans la banlieue bordelaise, dans des HLM. J’ai vécu la gentrification du côté plus pauvre. J’ai vécu le délabrement car la barre dans laquelle je vivais n’était plus entretenue. J’ai aussi connu les chantiers qui n’en finissent pas et d’ailleurs, il ne reste quasiment plus rien de cette cité. Aujourd’hui, je suis de l’autre côté, de ceux qui ont plus de moyens, ce qui explique mon intérêt pour le sujet.

VIF : Vos photos de chantiers sont prises en gros plan et présentent toujours des touches de couleurs. Quel est votre regard sur les chantiers ?
LESLIE : Dans Montreuil, il y a des chantiers de partout ! En m’y baladant, je me suis rendue compte qu’il y a énormément d’éléments colorés. Et ces couleurs sont souvent très vives avec beaucoup de rouges, beaucoup de couleurs primaires que j’ai finalement trouvé assez proches des couleurs des jouets d’enfants. Ca m’a amusé et c’est cet amusement que j’ai voulu représenter.

VIF : Vos séries présentent des traitements très différents : gros plans pour les chantiers, les décadrages pour les naufrages et celles très travaillées en post-production pour les “trophés”. Cela est-il représentatif d’une évolution de votre travail ou est-ce une approche instinctive ?
LESLIE : C’est vraiment une évolution dans ma façon de traiter les photos. Ce travail s’appelle “Work in progress” du fait même de l’évolution de Montreuil mais c’est aussi mon premier travail photographique et on suit ma propre évolution dans ma pratique de la photo. Au début, je prenais des photos plein cadre, travaillées de façon traditionnelle. Petit à petit, je me suis mise à manipuler mes photos de façon beaucoup plus graphique, avec des montages photos. En tant que regardeuse, j’aime tout. En tant qu’artiste dans la création, j’aime la manipulation, jouer avec les éléments et les images. Je pense aller de plus en plus vers une pratique plasticienne. 

VIF : Vous avez exposé au VIF 2019 dans les rues de Vincennes. Que vous a apporté cette expérience dans votre parcours ?
LESLIE : Lorsque j’ai exposé au VIF, j’avais déjà bien entamé mon travail qui a couru sur près de 3 ans. J’avais alors fait presque toutes mes photos mais j’étais dans une phase de réflexion sur quoi et comment exposer. Participer au VIF m’a beaucoup apporté à ce niveau là grâce aux échanges et rencontres. Cela m’a aussi amené beaucoup plus d’assurance pour me lancer pour une exposition seule, ce qui n’est pas rien à assumer !

Pour plus d’infos rendez-vous sur son site web : www.leslie-courbon.fr

________________________________________________ Interview réalisée par Sophie.O – septembre 2020

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