par 26 Avr 2019INTERVIEW

VIF : Parlez-nous un peu de vous. Né en Algérie, diplômé d’architecture, vous arpentez le monde depuis des décennies avec votre appareil photo, que ce soit pour une agence ou en tant qu’indépendant. Pourquoi la photo, pourquoi le monde ?
MICHEL SETBOUN : C’est un peu long à raconter. Pour faire bref, après mes études, je voulais me confronter à la réalité car dix ans après mai 68, nos rêves de justice sociale étaient toujours d’actualité. Et puis, il y avait cette ambition de changer le monde… le tiers-monde était mon centre d’intérêt… J’ai commencé à voyager en 1969 et 50 ans après, c’est un désastre, en particulier au Moyen-Orient, Irak, Syrie, Afghanistan etc…

VIF : Votre témoignage de la Révolution Iranienne a été un tournant dans votre carrière et sera à la base de votre conférence au VIF 2019. Sans trop en dévoiler, sous quels angles allez-vous présenter cette expérience qui va au-delà de la photo ?
MICHEL SETBOUN : Je vais parler de désir, d’envie de voyage, de découverte et puis bien sûr de cette révolution qui est arrivée très vite, très similaire à notre Révolution Française. Je parlerai également de quelque chose que tout le monde ignore aujourd’hui : Khomeyni était platonicien. Platon était un de ses maîtres à penser… Sa République Islamique n’a rien à voir avec l’Islam, c’est la République de Platon !

VIF : Parlez-nous un peu de vous. Né en Algérie, diplômé d’architecture, vous arpentez le monde depuis des décennies avec votre appareil photo, que ce soit pour une agence ou en tant qu’indépendant. Pourquoi la photo, pourquoi le monde ?
MICHEL SETBOUN : C’est un peu long à raconter. Pour faire bref, après mes études, je voulais me confronter à la réalité car dix ans après mai 68, nos rêves de justice sociale étaient toujours d’actualité. Et puis, il y avait cette ambition de changer le monde… le tiers-monde était mon centre d’intérêt… J’ai commencé à voyager en 1969 et 50 ans après, c’est un désastre, en particulier au Moyen-Orient, Irak, Syrie, Afghanistan etc…

VIF : Votre témoignage de la Révolution Iranienne a été un tournant dans votre carrière et sera à la base de votre conférence au VIF 2019. Sans trop en dévoiler, sous quels angles allez-vous présenter cette expérience qui va au-delà de la photo ?
MICHEL SETBOUN : Je vais parler de désir, d’envie de voyage, de découverte et puis bien sûr de cette révolution qui est arrivée très vite, très similaire à notre Révolution Française. Je parlerai également de quelque chose que tout le monde ignore aujourd’hui : Khomeyni était platonicien. Platon était un de ses maîtres à penser… Sa République Islamique n’a rien à voir avec l’Islam, c’est la République de Platon !

Pour le reste, j’insisterai plutôt sur le côté « poisson dans l’eau », c’est-à-dire de se trouver au cœur de l’événement, avec une vraie empathie pour ces étudiants qui avaient mon âge… Il y a deux ans, une monographie de 400 pages sur mon travail a été publiée en Iran. Çà a été le premier livre d’un étranger publié dans ce pays sur cette « révolution sacrée ». Cet ouvrage est le point de départ de ma réflexion photographique, comment raconter une histoire ancienne et lointaine à un public qui s’en soucie peu voire pas du tout…

VIF : Vous avez depuis photographié dans de nombreux pays, notamment des villes et récemment publié un ouvrage sur Paris en blanc et noir. Quel est votre rapport entre villes et couleurs ?
MICHEL SETBOUN : C’est encore une longue histoire ! Le retour de mes projets en noir et blanc, c’est le début de mon travail graphique actuel… La phitographie a pour prétention de représenter la réalité. De nombreux photographes ne jurent que par le noir et blanc, la vraie photographie… Pourtant, ce n’est qu’un grand subterfuge car les appareils photos produisent des fichiers en couleur. Choisir le noir et blanc est un choix artistique, qui n’est pas différent de mon travail actuel. Je pousse juste cette logique un peu plus loin. Depuis toujours, la photographie est le monde de la bidouille, chimique avant, numérique aujourd’hui, mais l’idée reste la même.

VIF : Le VIF a pour ADN toutes formes de rencontres et liens entre photographes amateurs et professionnels. Comment définiriez-vous ces deux statuts ?
MICHEL SETBOUN : La frontière entre les deux est en train de disparaître, c’est l’uberisation de la société. Le moindre événement est couvert par des milliers d’amateurs munis de smartphones… Il y a 40 ans, nous étions peu nombreux, essentiellement des photographes des agences. Sur ce sujet, j’ai publié la trilogie suivante : « 40 ans de photojournalisme : Tome 1 : génération Sipa /Tome 2 : génération Sygma / Tome 3 : génération agence. »

VIF : A une époque de pratique et partage massifs de la photo, des réseaux sociaux et smartphones, comment voyez-vous l’avenir de la photo ?
MICHEL SETBOUN : Comme le reste, il faut se réinventer, aller plus loin mais raconter des histoires reste un métier. Qu’est-ce qui fait la différence entre Balzac et un quidam ? Car les écrivains n’ont pas inventé les mots. Tous les mots sont dans le dictionnaire. Ce qui fait la différence, c’est la façon de penser, de les agencer…. Tout reste donc à inventer. Je crois que la photographie a un bel avenir.

Village des marques – VIF 2017

VIF : Avez-vous des projets en cours ou à venir ?
MICHEL SETBOUN : Des projets, je n’ai que ça ! Avec le temps, l’actualité est devenue de l’Histoire avec un grand H. Notre génération a de quoi faire. Et en premier lieu, transmettre les images du passé aux gens qui en sont privés. J’ai aussi mon projet albanais que lequel je travaille en ce moment… Par ailleurs, j’avais une dizaine de livre « lumière noire » en préparation mais je vais les transformer en OVNI photographiques… Ma prochaine publication sortira en septembre aux éditions de la Martinière et portera sur New York. En fait, l’angoisse, c’est le temps qui passe trop vite !

VIF : Une phrase sur le VIF ?
MICHEL SETBOUN : Le VIF est un bon acronyme pour définir la photographie et être vif est une qualité essentielle du photographe de rue et de reportage : plutôt VIF que mort ! Pour le photographe de guerre, vif, c’est le vivant. Pour la photo de famille, le but est de rendre ou garder vivants les êtres du passé ou du futur passé.
Pour le photographe de nature ou d’architecture, la mission est de rendre vivant un objet inanimé…
Donc, VIF comme la photographie !

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Interview , réalisée par Sophie OSSEDAT

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Interview réalisée par Sophie OSSEDAT

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