par | 26 Fév 2019

VIF: Bonjour,
Nous sommes honoré de votre présence active au VIF 2019. Afin de mieux vous connaitre, nous vous remercions d’avoir accepté de répondre à notre interview.

Vous avez un doctorat en philosophie mais êtes autodidacte en photographie avec des premières expériences comme reporter… Pouvez-vous nous parler de ces enchaînements et expériences ?

NATH-SAKURA: Bonjour,
Oui, j’ai exercé le job de journaliste de 1999 à 2012, notamment pour le groupe les Journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, Centre Presse etc.) et pour plusieurs quotidiens et hebdomadaires francophones européens. Je n’ai pas fait d’école de photo, mais en même temps, je m’en félicite. Il n’y a en réalité aucune école de praticien en photographie sérieuse en France. Toutes préparent à devenir technicien (réparateur d’appareil photo), laborantin (tireur et développeur de photo), critique d’art (comme l’école d’Arles). Mais pas photographe. En effet, mon studio accueille des élèves de toutes les grandes écoles de photo du pays et peu d’entre elles dispensent un enseignement complet. Lacune que nous essayons de combler quand ils viennent nous voir.
J’ai donc appris sur le tas, par des expériences multiples, dans le photo-reportage et dans les studios, où j’ai rencontré de grands photographes qui m’ont épaulée et transmis leur savoir. J’ai ensuite ajouté mes propres méthodes et pratiques. Celles qui me font vivre de mon travail de photographe de mode et de publicité.

NATH-SAKURA: Bonjour,
Oui, j’ai exercé le job de journaliste de 1999 à 2012, notamment pour le groupe les Journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, Centre Presse etc.) et pour plusieurs quotidiens et hebdomadaires francophones européens. Je n’ai pas fait d’école de photo, mais en même temps, je m’en félicite. Il n’y a en réalité aucune école de praticien en photographie sérieuse en France. Toutes préparent à devenir technicien (réparateur d’appareil photo), laborantin (tireur et développeur de photo), critique d’art (comme l’école d’Arles). Mais pas photographe. En effet, mon studio accueille des élèves de toutes les grandes écoles de photo du pays et peu d’entre elles dispensent un enseignement complet. Lacune que nous essayons de combler quand ils viennent nous voir.
J’ai donc appris sur le tas, par des expériences multiples, dans le photo-reportage et dans les studios, où j’ai rencontré de grands photographes qui m’ont épaulée et transmis leur savoir. J’ai ensuite ajouté mes propres méthodes et pratiques. Celles qui me font vivre de mon travail de photographe de mode et de publicité.

VIF: Durant votre parcours en tant que reporter, vous avez notamment photographié à Gaza. Qu’avez- vous retiré de ces moments ?
NATH-SAKURA: Oui et dans une foule d’autres pays, de la Casamance à la Birmanie. J’en ai retiré une grande confiance dans l’humain, dans la solidarité qui sauve tout et une détestation profonde des Etats, qui écrasent les peuples.

VIF: Vous êtes connue et reconnue pour vos portraits. Qu’est ce qui vous a amené à privilégier ce thème ?
En réalité je suis plus connue par mes photos « totales » où nous travaillons pendant des mois, mon équipe et moi, à construire un cliché. Comme dans les deux projets ci-dessous.
Mon propos est de créer des images en s’interdisant d’utiliser photoshop, et de fabriquer des univers complet, avec une vraie direction artistique.

VIF: Photographier dehors, photographier en studio, quelles sont vos méthodes de travail spécifiques à ces deux univers ?
NATH-SAKURA: C’est exactement la même chose. Beaucoup de photographes, peu instruits dans les notions de lumière, croient qu’il s’agit de deux pratiques totalement différentes. Il n’y a, en réalité, qu’une seule photographie. Celle qui consiste à « écrire avec de la lumière », il faut donc, en permanence comprendre ce qui est jeu, et s’en servir pour un propos photographique. Donc, utiliser un posemètre ou un flashmètre, selon le type de lumière, pour chaque prise de vue, qu’il s’agisse de s’installer à l’affût pour des photos d’animaux, en photo reportage, ou en studio. D’ailleurs, on peut réaliser des « éclairages de studio » n’importe où, sur un lac, dans une automobile ou sur une haute montagne.
Pour ce qui concerne mes méthodes de travail, j’ai publié un volumineux manuel de photo de 396 pages qui les expliquent par le menu.

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Extrait du livre de Nath-Sakura

VIF: Un livre d’ailleurs vendu à plusieurs milliers d’exemplaires. Vos projets en cours, à venir ?
NATH-SAKURA: En marge des shooting de pub que je fais tout au long de l’année, je suis en train d’effectuer une tournée européenne de masterclass (Genève, Bordeaux, Saint Malo, Bruxelles, San Rémo, Marseille, Paris etc.) pour transmettre ma façon de réaliser des clichés. Je planche aussi sur un nouveau livre de photographie, que j’espère pouvoir commercialiser avant le mois de Novembre.

VIF: Projetez-vous d’explorer d’autres thèmes ?
NATH-SAKURA: En réalité, chaque shooting est une nouvelle aventure, même si le point commun reste l’humain. Nous avons créé il y a six ans une photo d’une modèle sur la Lune, j’ai fait marcher des filles sur l’eau, on a peint des forêts et des lacs, on a construit des photos d’une horloge projetée dans l’espace avec un homme en lévitation dedans, on a créé des cellules de prison, on travaille sur une photo avec un avion qui crève les murs du studio… j’ai donc l’impression d’explorer de nouveaux thèmes en permanence.

VIF: Avec quel(s) appareil(s) travaillez-vous ?
NATH-SAKURA: Cela a-t-il une importance ? Si vous pensez que ça en a une, j’utilise actuellement un Hasselblad H5D et un Canon 5DSR.

VIF: Aujourd’hui, réseaux sociaux et digital permettent les retouches et diffusion d’images en masse. Comment voyez-vous l’avenir de la photo ?
NATH-SAKURA: Il y aura toujours moyen de gagner sa vie pour ceux qui inventent, qui crée des choses nouvelles, qui se donnent de la peine et travaillent sur leur singularité. En revanche, l’avenir est noir pour les photocopieurs.

VIF: Un conseil aux photographes amateurs qui souhaitent se professionnaliser ?
NATH-SAKURA: Apprendre vraiment le métier, fuir les « tutos » sur le web, approfondir la maîtrise de la lumière, acheter mon livre :), savoir qu’il faut 10 ans pour faire un vrai bon professionnel, et donc, travailler, travailler, travailler. Pour devenir un bon pianiste il faut faire deux heures de gammes tous les jours, pendant des années. C’est pareil dans tous les arts : donc aussi en photo.

VIF: Une phrase sur le VIF ?
NATH-SAKURA: C’est un bel acronyme pour un art aussi fugitif et subtil que le nôtre.

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Interview réalisée par Sophie OSSEDAT

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Interview réalisée par Sophie OSSEDAT

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