capa

par | 12 Fév, 2021

« Mort d’un soldat républicain » ou la symbolique de la guerre d’Espagne.

L’auteur de ce cliché, de son vrai nom Endre Erno Friedmann, est né à Budapest le 22 octobre 1913. A vingt ans, il est chassé de son pays en raison de ses opinions politiques. Il s’installe alors à Paris et y rencontre sa compagne Gerda Taro, photo journaliste allemande qui l’aide dans sa carrière et lui trouve le pseudonyme « Robert Capa ». Il fréquente le milieu artistique et fait la connaissance notamment d’André Kertész, un photographe reconnu de la scène parisienne qui lui communique sa passion pour la photo. Bien que ne maîtrisant pas bien la langue, il arrive à se faire une place dans le photojournalisme : il devient correspondant de guerre pour le magazine français Vu.

Quand la guerre civile éclate en Espagne, le jeune reporter est envoyé en mission en août 1936 pour photographier le conflit… Le 5 septembre 1936, il se trouve tapi dans une tranchée, sur le front d’Andalousie. Robert Capa arrive alors à capturer le moment précis où un jeune milicien républicain, le fusil à la main, est fauché par une balle. Les contrastes noir et blanc de l’image renforcent la charge émotive de la scène : le milicien est photographié dans un style propre à l’auteur, en gros plan et sans distanciation, ce qui nous fait vivre l’action d’une manière encore plus intense.

robert_capa

Ce cliché, un des plus emblématiques de Robert Capa, paraît le 23 septembre 1936 dans le magazine Vu; il est ensuite diffusé en 1937 par l’hebdomadaire Life, puis la photo est reproduite dans le monde entier, ce qui lui assure une médiatisation internationale et en fait le symbole de la guerre d’Espagne. Par la suite, Robert Capa photographie, toujours avec la même intensité, les plus grands conflits de son époque : l’invasion japonaise de la Chine en 1938, la seconde guerre mondiale et le débarquement de Normandie en 1944 où il est le seul photographe présent sur place. 

En 1947, il fonde aux Etats Unis où il réside, l’agence Magnum Photos avec Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David Seymour. Mais huit ans après, son destin devient aussi tragique que celui du jeune milicien sur sa photo : à l’âge de 41 ans, il se tue en marchant sur une mine antipersonnel lors d’un reportage en Indochine. Impossible de ne pas faire le parallèle des destins de ces hommes qui tous deux sont morts héroïquement sur un champ de bataille.

Au début des années 70, l’image est controversée : certains mettent en doute l’authenticité de sa mise en scène. A ce jour, la polémique dure toujours mais cette suspicion n’altère pas la valeur photographique et historique de la photo iconique.

NewsLetters

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par | 12 Fév, 2021

« Mort d’un soldat républicain » ou la symbolique de la guerre d’Espagne.

L’auteur de ce cliché, de son vrai nom Endre Erno Friedmann, est né à Budapest le 22 octobre 1913. A vingt ans, il est chassé de son pays en raison de ses opinions politiques. Il s’installe alors à Paris et y rencontre sa compagne Gerda Taro, photo journaliste allemande qui l’aide dans sa carrière et lui trouve le pseudonyme « Robert Capa ». Il fréquente le milieu artistique et fait la connaissance notamment d’André Kertész, un photographe reconnu de la scène parisienne qui lui communique sa passion pour la photo. Bien que ne maîtrisant pas bien la langue, il arrive à se faire une place dans le photojournalisme : il devient correspondant de guerre pour le magazine français Vu.

Quand la guerre civile éclate en Espagne, le jeune reporter est envoyé en mission en août 1936 pour photographier le conflit… Le 5 septembre 1936, il se trouve tapi dans une tranchée, sur le front d’Andalousie. Robert Capa arrive alors à capturer le moment précis où un jeune milicien républicain, le fusil à la main, est fauché par une balle. Les contrastes noir et blanc de l’image renforcent la charge émotive de la scène : le milicien est photographié dans un style propre à l’auteur, en gros plan et sans distanciation, ce qui nous fait vivre l’action d’une manière encore plus intense.

robert_capa

Ce cliché, un des plus emblématiques de Robert Capa, paraît le 23 septembre 1936 dans le magazine Vu; il est ensuite diffusé en 1937 par l’hebdomadaire Life, puis la photo est reproduite dans le monde entier, ce qui lui assure une médiatisation internationale et en fait le symbole de la guerre d’Espagne. Par la suite, Robert Capa photographie, toujours avec la même intensité, les plus grands conflits de son époque : l’invasion japonaise de la Chine en 1938, la seconde guerre mondiale et le débarquement de Normandie en 1944 où il est le seul photographe présent sur place. 

En 1947, il fonde aux Etats Unis où il réside, l’agence Magnum Photos avec Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David Seymour. Mais huit ans après, son destin devient aussi tragique que celui du jeune milicien sur sa photo : à l’âge de 41 ans, il se tue en marchant sur une mine antipersonnel lors d’un reportage en Indochine. Impossible de ne pas faire le parallèle des destins de ces hommes qui tous deux sont morts héroïquement sur un champ de bataille.

Au début des années 70, l’image est controversée : certains mettent en doute l’authenticité de sa mise en scène. A ce jour, la polémique dure toujours mais cette suspicion n’altère pas la valeur photographique et historique de la photo iconique.

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